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مُساهمةموضوع: Nouvelle   الثلاثاء أغسطس 14, 2018 4:54 am

Nouvelle
Fathia Hizem (Tunisie)
(..........)
Ma mère a longtemps été la maîtresse de tous les débats concernant l’infertilité ou la grossesse précieuse, et ce durant des années. Elle est une référence parce qu’elle a démoli la légende de l’infertilité définitive dont on parlait dans nos soirées familiales ; non seulement parce qu’elle n’a pu avoir d’enfants qu’après onze années de vie commune et d’exécution de toutes les recettes des droguistes, mais aussi parce qu’elle a démenti toutes les spéculations du médecin juif de « Mekness ».
A chaque journal télévisé du soir, la famille pestait sur l’état d’Israël pour ce qu’il fait subir au peuple palestinien, et ma mère n’arrêtait pas de dénigrer Ibn Mimoun qui prétendait connaître la science de l’inconnu, puis elle laissait échapper un rire ironique lancinant, en disant : « Dieu l’avait démenti, et j’ai pu mettre au monde une femelle et deux mâles, dont tu es l’aîné. »
J’avais peut- être dix ans quand j’avais accompagné mes parents dans le cabinet d’un médecin femme à Rabat. J’étais terrorisé à l’idée que je devais la voir parce que j’étais cachectique, et que toutes les herbes du monde ne parvenaient pas à me guérir. Je pensais que j’avais peur de l’aiguille de la seringue. Plus tard, j’ai compris que je me sentais gêné de me découvrir devant un infirmier. Fâché, mon père insistait pour que je donne mes fesses, qu’une main effleurait pour les donner victimes à une piqûre maudite, en un point particulier.


J’entendais les chuchotements de ma mère pour se préparer aux dépenses de la ville, il voulait la dissuader, à ce moment en particulier. Rabat doit être sens dessus dessous, surtout après l’échec du coup d’état militaire. Seulement elle le convainquait en invoquant son rêve.
Dans mon rêve, la dame médecin m’avait reproché le retard dans l’octroi du beau cadeau que je lui avais promis si j’arrivais à me faire engrosser après plusieurs années. Elle lui rappela ce que le médecin avait fait pour eux, pour qu’ils aient ces trois cavaliers, alors qu’il avait lui-même désespéré d’avoir une progéniture. J’ai su plus tard que mon père ne s’obstinait pas à courir derrière ce mirage.
Les histoires de ses frères avec l’enfantement peuvent être matière feuilletons qui feraient concurrence avec ceux produits en Egypte et relatant des histoires de mariage et de divorce avec tous les scandales qui pourraient faire oublier la fin du mois de ramadan. Elle posa le doigt là où il fallait pour le convaincre de la nécessité de ramener au médecin, le cadeau qui avait tardé. Elle entoura de ses mains mon visage, fière de la victoire réalisée sur la légende de l’infertilité de l’un de mes deux parents ou peut-être même des deux ; puis elle leva les yeux vers son visage souriant, avant même qu’elle ne rencontre sa face fade. Je ne sais quel est le secret de leurs regards échangés étincelants qui jetaient leur flamme sur mon petit corps, de la tête aux pieds. Mon père avait une allure fière, avec son nouveau costume, il bougeait d’un instant à l’autre ; sa main droite caressait mes cheveux, et quelques gouttes de sueur, s’infiltraient dans mon dos. J’avais peur de me voir dénudé devant le médecin, et ma mère répondait toujours avec des traits épanouis à la question qui a longtemps résonné dans les oreilles de mon père concernant le peu de ressemblance entre nous et lui. Là, je ne sentais plus qu’elle n’était plus la maîtresse de la discussion sur la stérilité.


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